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Le député de La Pointe-de-l’Île et porte-parole du Bloc Québécois en matière de langues officielles, Mario Beaulieu, lance officiellement une tournée de promotion et de consultation sur le français langue commune, qui aura lieu au Québec et au Canada.

Cette tournée a pour but de sensibiliser et de mobiliser la population et d’effectuer une large consultation sur les principaux enjeux et les mesures prioritaires à adopter en vue d’assurer la vitalité et la pérennité du français au Québec, ainsi qu’au Canada, en favorisant l’usage du français langue publique commune dans les régions francophones et acadiennes.

La tournée qui se déroule au Québec se poursuivra jusqu’en septembre 2018. Les communautés francophones et acadiennes seront consultées à partir de novembre 2017 jusqu’à mars 2019.

Un court message de Mario Beaulieu

LES MODÈLES QUÉBÉCOIS ET CANADIEN

Le modèle québécois de l’aménagement linguistique, défini par la Charte de la langue française, dite « Loi 101 », se fonde sur les droits collectifs territoriaux, en établissant le français comme langue officielle et commune au Québec.

Ce type d’approche est reconnu comme étant efficace pour assurer l’avenir et l’épanouissement d’une langue minoritaire.

Le modèle canadien, défini par la Loi sur les langues officielles, a été établi à partir de principes fondamentalement différents, soit une politique de bilinguisme des institutions fédérales en fonction de droits individuels linguistiques variables (là où le nombre le justifie) partout sur le territoire canadien.

L’étude des modes d’aménagement linguistique à travers le monde démontre que ce type d’approche ne permet pas de contrer l’assimilation des langues minoritaires.

Plus d’information sur les modèles canadien et québécois

Dans les provinces majoritairement anglophones, l’anglais est la langue commune et il y a très peu de services municipaux ou provinciaux en français. Bien que le Nouveau-Brunswick soit officiellement bilingue, la même situation se retrouve en dehors des régions francophones.

Au Québec, les services en anglais sont généralement disponibles à tous les paliers de gouvernement sur l’ensemble du territoire. Le statut dit « bilingue » au Québec correspond en fait à l’article 29.1 de la Charte de la langue française, qui permet une dérogation à des institutions servant une majorité de citoyens de langue anglaise ou d’une autre langue. Ces établissements peuvent alors embaucher ou accorder des promotions à du personnel unilingue anglophone, rédiger des rapports en anglais, communiquer en anglais et imposer le bilinguisme pour les communications publiques. Il existe actuellement 37 établissements du secteur de la santé et des services sociaux reconnus en vertu de l’article 29.1 au Québec. Une étude récente a démontré qu’au Québec, plus de 35 % de tout le personnel soignant dans la province parle régulièrement ou le plus souvent en anglais au travail, alors qu’il y a 8,2 % d’anglophones de langue maternelle.

Le Canada et ses provinces étant très majoritairement anglophones, ils ont défini un contexte constitutionnel, juridique et politique largement favorable au modèle canadien. La politique linguistique fédérale interfère continuellement avec celle que véhicule le Québec par le biais de sa Charte.

La Loi sur les langues officielles se fonde sur la présomption que les anglophones du Québec constituent une minorité au même titre que les communautés francophones et acadiennes, alors qu’ils font partie de la majorité canadienne, comme l’a statué le Comité des droits de l’homme de l’ONU. À ce titre, la majorité canadienne-anglaise a imposé en 1982, contre la volonté du gouvernement du Québec, une constitution en vertu de laquelle la Charte de la langue française a été affaiblie dans ses mesures les plus importantes. Depuis l’établissement de la Loi 101, le gouvernement d’Ottawa finance à coups de millions de dollars les groupes de pression anglophones comme le Québec Community Groups Network alias Alliance Québec, qui a mené avec succès une guérilla juridique pour rétablir le bilinguisme institutionnel. De plus, le fédéral subventionne massivement les institutions anglophones déjà surdéveloppées au Québec.

[…] Dès l’instant où les demandes de la province francophone, le Québec, heurtent la sensibilité de la majorité anglophone, il en résulte une fin de non-recevoir. Les discussions deviennent alors inutiles et aboutissent toujours à un cul-de-sac. […]. L’actuel régime en vigueur fait que le Québec est toujours pénalisé sur le plan démocratique et, à l’échelle canadienne, il ne peut rien imposer à la majorité. Jacques Leclerc, 2000

Comme le mentionnait l’ancien président du Conseil de la langue française, Michel Plourde, le seul moyen durable de redonner à la Charte sa vigueur initiale est de reprendre le chemin des pourparlers constitutionnels, en invitant cette fois le Québec à la table des négociations.  Ces derniers constituent le seul moyen de dénouer les problèmes que soulève l’application simultanée et contradictoire des politiques linguistiques fédérale et québécoise.

Ces pourparlers constituent aussi la seule façon de réconcilier le fondement individuel des droits protégés par la Charte avec celui, collectif, que le Québec leur accorde.

L'ÉTAT DE LA SITUATION

Au Canada

La situation du français au Canada confirme que les politiques axées sur le bilinguisme officiel et les droits individuels favorisent une assimilation extensive des francophones.

Depuis 1971, les données de Statistique Canada nous ont révélé que l’assimilation des francophones ne cesse d’augmenter dans les provinces et les territoires où ils sont largement minoritaires. Et dans la plupart des régions, plus ils sont minoritaires, plus l’assimilation est rapide et croissante.

Plus d’information sur la situation du français au Canada


Au Québec

Les progrès favorisés initialement par la Charte de la langue française se sont graduellement amenuisés à mesure qu’elle a été affaiblie dans tous ses secteurs d’application.

Le français est encore loin d’être la langue publique commune dans l’espace public et dans les milieux de travail au Québec. L’analyse rigoureuse de l’ensemble des recherches des dernières années sur la situation linguistique du Québec en général, et de la région métropolitaine en particulier, montre que le pouvoir d’attraction de l’anglais supplante encore largement celui du français chez les Québécois allophones.

Plus d’information sur la situation du français au Québec

La proportion des transferts linguistiques des allophones vers le français est trop faible pour assurer sa pérennité par rapport à la langue anglaise. Alors que cette proportion devrait être de 90 %, elle n’était que de 51 % en 2011. Ce pourcentage est d’ailleurs gonflé par la sélection d’immigrants déjà francisés avant leur arrivée au Québec et le fait que les allophones anglicisés ont davantage tendance à quitter le Québec.

En 2011, la population de langue d’usage anglaise était de 24 % plus élevée que la population de langue maternelle anglaise, parce qu’une proportion importante des allophones adopte l’anglais comme langue parlée à la maison. En comparaison, la population du français langue d’usage n’enregistrait qu’un faible gain de 3 % par rapport à la population de langue maternelle française. Et lorsqu’on observe l’évolution de ces données depuis 1971, on voit que l’écart entre le pouvoir d’attraction de l’anglais et celui du français sur les allophones au Québec augmente continuellement.

Cette situation menace d’autant plus la pérennité du français au Québec lorsqu’on prend en considération le fait que Statistique Canada prévoit un recul de presque 10 points de pourcentage en 25 ans pour le français dans l’ensemble du Québec! Les citoyens de langue maternelle française constitueraient entre 69 et 72 % de la population en 2036, comparativement à 79 % en 2011. Le nombre de personnes ayant le français comme langue d’usage à la maison dans l’ensemble du Québec connaîtra lui aussi une baisse importante, passant de 82 % en 2011 à environ 75 % en 2036.

Par contre, la proportion d’anglophones selon la langue d’usage grimpera de 10,7 à 13 %, alors que la proportion de citoyens de langue maternelle anglaise au Québec serait à peu près stable (8,2 % en 2011; 7,9 % ou 8,8 % en 2036).

Pourquoi la campagne de sensibilisation et promotion du français langue publique commune intitulée « 101 victoires pour le français »

Le gouvernement fédéral, les groupes de pression anglophone et la presse du Canada anglais se sont livrés à une campagne de dénigrement intensive de la Charte de la langue française dès son établissement. Dans ce contexte, la question linguistique est devenue un véritable tabou.

En tant que langue publique commune, le français au Québec devrait être non seulement la langue utilisée par les francophones entre eux, mais la langue utilisée dans les communications « interlinguistiques », la langue parlée entre citoyens de langues maternelles différentes. Faire du français la langue commune est un facteur essentiel pour intégrer les nouveaux arrivants à la société québécoise autant que pour assurer l’avenir du français.

Plusieurs études démontrent même que de nombreux citoyens francophones au Québec ont plutôt tendance à utiliser l’anglais avec les personnes dont le français n’est pas la langue maternelle. Il est donc nécessaire de sensibiliser les citoyens à l’importance de communiquer en français dans l’espace public.

Parallèlement, au Québec, les institutions privées ou gouvernementales fédérales, provinciales et municipales sont revenues en pratique à offrir des services en anglais aux nouveaux arrivants ou à quiconque le demande à Montréal comme dans toutes les régions.

Le gouvernement du Canada avec sa Loi sur les langues officielles et les groupes de pression anglophone qu’il finance travaillent activement pour contrer l’usage du français en tant que langue commune et officielle au Québec. Ottawa refuse que la Charte de la langue française s’applique aux entreprises de compétence fédérale.

Des organismes comme le Québec Community Group Network interviennent fréquemment pour que les politiciens n’utilisent pas le français comme langue commune.

Il est également important de sensibiliser la population et les organismes à la distinction entre le bilinguisme institutionnel et individuel. Certains pensent qu’utiliser le français comme langue commune implique une fermeture face à l’anglais ou aux autres langues alors qu’il s’agit d’un geste d’ouverture et d’accueil des nouveaux arrivants. Il faut connaître et utiliser une même langue pour se comprendre et pour former une société unie et solidaire. C’est dans cet esprit pluraliste et inclusif que la Charte de la langue française a été adoptée.

La tournée québécoise de consultation

Nous sollicitons l’avis de toutes les Québécoises et tous les Québécois sur les enjeux névralgiques pour l’avenir du français au Québec. C’est pourquoi nous vous invitons à participer à la consultation en ligne et à formuler des commentaires sur l’approche et les actions nécessaires pour faire du français la langue commune et assurer sa pérennité.

Afin de favoriser une discussion éclairée, nous avons élaboré un questionnaire en ligne et des capsules d’information.

Des audiences et des tables rondes se tiendront dans toutes les régions du Québec et permettront aux principaux acteurs socio-économiques de formuler des propositions et de réagir aux orientations proposées.


Date et lieux des rencontres de mobilisation citoyenne «101 victoires pour le français»

Date Lieu
Lundi, 19 février 2018

Pub Brouhaha à 19h
10295 Avenue Papineau, Montréal
Avec Frédéric Lapointe

Mardi, 20 février 2018

Centre Récréatif St-Roch à 19h
230 rue du Pont, Québec
Avec Martine Ouellet

Mercredi, 21 février 2018

Brûlerie du roi à 19h
416 Boul. Manseau, Joliette
Avec Gabriel Ste-Marie

Jeudi, 22 février 2018

SSJB Mauricie à 19h
3239 Papineau, Trois-Rivières

Lundi, 5 mars 2018

Brasserie Siboire à 19h
40 Boul. Jacques-Cartier sud, Sherbrooke

Lundi, 12 mars 2018

Microbrasserie Le Propspecteur à 19h
585, 3e Avenue, Val-dOr

Samedi, 24 mars 2018

Vaudreuil à 19h
Lieu à déterminer

Mercredi, 4 avril 2018

Secrétariat des Syndicats Nationaux à 19h
20 rue St-Joseph, Alma

Mardi, 10 avril 2018

Auberge des Gouverneurs
1100 Prom Du St Maurice, Shawinigan


Le questionnaire